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Musique classique et opéra par Classissima

Samuel Barber

samedi 27 mai 2017


Resmusica.com

5 mai

Carte blanche Jean-Yves Thibaudet à Radio-France

Resmusica.comParis, Maison de la Radio. 29 et 30-IV-2017. Carte blanche à Jean-Yves Thibaudet. Leonard Bernstein (1918-1990) : trio à clavier ; Lili Boulanger (1893-1918) : D'un matin de Printemps - D'un soir triste. Samuel Barber (1910-1981) : Commemorative march. Maurice Ravel (1875-1937) : trio en la mineur. Trio Karénine : Fanny Robilliard, violon ; Louis Rodde, violoncelle ; Paloma Kouider, piano. Claude Debussy (1862-1918) : sonate pour violoncelle et piano. Gabriel Fauré (1845-1924) : premier quatuor à clavier op. 15. Francis Poulenc (1899-1963) : sextuor pour flûte, hautbois, clarinette, cor, basson et piano. Jean-Yves Thibaudet, piano. Musiciens de l'Orchestre National de France.

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13 mars

Patricia Petibon et Susan Manoff à la Salle Gaveau

Patricia Petibon ne se fait pas la partie facile, chantant, mimant, blaguant, sautant, apparaissant et disparaissant, à la fois fée et meneuse de jeu, avec ce qui semble la plus improvisante fantaisie, selon l’humeur du moment, et pour répondre à celle de son public, qu’elle tient dans sa main, et qui lui mange dans la main, un point c’est tout. En fait d’improvisation, quelle préparation au contraire, et quel timing, avec l’épatante partenaire complice qu’est pour elle Susan Manoff au piano. Ajoutons après une première partie en princesse de nacre et d’écailles, de grand style, faisant valoir un très admirable étagement de coiffure rousse, sa deuxième tenue vert de vert, avec des transformations et des surprises à distribuer (ou pour se déguiser) dans toutes les poches. Ne manque que la trompe d’auto d’Harpo Marx, mais ça viendra peut être une autre fois ! Mais au public non plus elle ne la fait pas facile. Sur la vingtaine de morceaux à son affiche, une large moitié est en espagnol ou inspirée d’Espagne, pratique très inhabituelle dans un récital voix et piano. L’admirable est que la voix de Patricia Petibon est strictement la moins espagnole qui soit, absolument dépourvue du type de vibrato à œillades, ou du sanglot naturel, ou de la violence sauvage qui s’associent au chant espagnol depuis les âges mystiques, depuis sainte Thérèse et son château de l’âme, jusqu’à Manuel de Falla ou (olé) jusqu’au flamenco. Elle détourne avec une intelligence et un soin de tous les instants ce qui est trop naturellement espagnol dans ses textes (d’Obradors à Rodrigo ou même Bacri), gommant les raucités, inventant un lissé et un filé vocaux plus blonds qu’aile de corbeau, d’une mélancolie suprêmement civilisée, châtiée, artiste. Splendide travail d’appropriation, elle incarne et s’incorpore l’âme de toute Espagne (ou hispanicité) qui chante en étant à 100% Petibon —une mozartienne, au fond, s’il fallait (tâche impossible) la simplifier et la réduire. Un miraculeux Samuel Barber, merveille d’évocation rêveuse où tout un univers d’étoiles et de tendresses devient le chant le mieux élevé qui soit ; un miraculeux Britten sur Greensleeves : on comprend que l’énergie dévorante de Patricia se défoule parfois, en ait besoin ! Et nous aussi d’ailleurs : car trop de lissé simili espagnol pourrait finir par engendrer sa propre monotonie. Y pourvoient le numéro insensé de téléphone Busy line, avec onomatopées et vibrrrrrreur à la commande ; et la non moins insensée séquence de Blanche Neige et les sept nains, avec accessoires puisés (et ensuite jetés) dans les endroits les plus divers. On sort carrément du cadre et des codes du récital ou surtout liederabend (l’allemand, emphatiquement, brille ce soir par son absence). On a affaire à une commère, une meneuse de revue, une cheftaine faisant jouer ses moutards, un croquemitaine dévorant cru le public et n’en faisant qu’une bouchée. C’est tout cela se succédant ou donné ensemble qui déchaîne, irrésistiblement, l’hilarité (comment résister ?) mais aussi un frisson de très spéciale volupté comme dans une salle vouée au concert on n’en éprouve jamais. La chose sûre, c’est que l’ovation qui concluait la soirée montre qu’elle n’a qu’à recommencer, où elle veut, quand elle veut. Elle sera suivie. Ils courront tous. Et nous aussi ! Pour ces Sanglots de Poulenc (quel texte ! quel Apollinaire !), de toute façon, et pour le magistral, le royal détournement de Padam Padam où elle ne cherche pas plus à se changer en une Piaf bis qu’elle n’avait cherché avant à se faire Espagnole. Avec son prodigieux étagement de cheveux royalement en ordre et dessous, ce regard incroyablement prenant, qu’est ce qu’elle a été pour nous tout un soir, notre Manon préférée, notre Mélisande de demain ? Détournons (c’est bien notre tour) un titre d’Offenbach : La Reine Carotte. Plus carotte on ne trouvera certes pas. Mais davantage reine non plus ! Salle Gaveau, 9 mars 2017






Samuel Barber
(1910 – 1981)

Samuel Barber (9 mars 1910 - 23 janvier 1981) est un compositeur américain. Il commence à composer dès l'âge de 7 ans. Il étudie au Curtis Institute of Music à Philadelphie avant de devenir élève de l'Académie américaine de Rome en 1935. L'année suivante, il écrit son quatuor à cordes en si mineur, dont il arrangera plus tard le second mouvement - à la suggestion d'Arturo Toscanini - pour orchestre à cordes sous le nom Adagio for Strings, puis pour chœur sous le nom d'Agnus Dei. Ce mouvement est devenu très populaire : il est utilisé pour les funérailles d'État et les services commémoratifs publics des États-Unis depuis la mort de Franklin Roosevelt. On peut l'entendre dans la scène finale du film Elephant Man de David Lynch; il fut repris et arrangé par Georges Delerue (pour le film Platoon d'Oliver Stone); on le retrouve dans le jeu vidéo Homeworld (Relic Entertainment/Sierra).



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